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Welcome in my beautiful blog mes coquins... Vous allez découvrir mes passionnants avis sur des bouquins, des tsédés, des films et d'autres choses encore plus passionnantes... Poutoux à tous et bonne lecture !

Attention, ce qui suit est un petit avertissement sans conséquences sur la survie de la planète face au réchauffement climatique qui va tous nous buter si on ne ferme pas l'eau du robinet quand on se rince les dents du dentifrice qu'on vient également d'étaler sur notre beau pull tout propre...

Bref, parfois, sur ce blog merveilleux, vous pourrez tomber sur un langage que je qualifierais d'imagé... Âmes sensibles s'abstenir donc, mais finalement n'ayez crainte, car vous ne verrez ni bites ni chattes sur ce blog...

;-)

Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /Nov /2007 01:31

...fut celle de ma renaissance.

A mon Autre Moi, à Marine, à Anne-Lise, à ma mère, à mon père, à ma soeur, à ma cousine Elise, à ma Mamie Marie-Louise, mon Papy Dominique, à ma Mamie Charline, mon Papy Roger, à mes oncles, à mes tantes, à mes cousins et mes cousines, à tous mes amis lorrains, toulousains, tous je vous aime.

A tous les artistes qui ne me connaissent pas mais m'auront beaucoup donné à pleurer, je ne desespère pas de faire un jour partie de leur monde ; je pense à toutes ces chansons qui m'auront fait pleurer, à tous ces films qui m'auront fait palpiter, vivre, ressentir, à ces romans qui m'auront donné à partager la vie de personnages imaginaires, leurs angoisses et leurs amours. Je pense aussi à cette putain de grosse truie de science économique de merde, qui me casse franchement les couilles mais qui ne peut s'empêcher de forcer mon admiration. Un jour aussi j'en ferais partie.

Lara Fabian, tu hurles comme une génisse en train de crever mais tu m'as beaucoup donné à pleurer ce soir. Merci pour ce voyage, et pour tout ce que tu m'as déjà donné. Je sais ça fait pitié de dire les choses ainsi mais allez vous faire fouttre !!!

Surtout merci, un milliard de fois merci à mon Autre Moi, sans qui ma vie n'aurait aucun sens. Tu es mon âme soeur. Et j'espère du fond du coeur que je suis également la tienne.

Gros bisous à tous et à bientôt ;-)

Par Olivier the Divine - Publié dans : A little bit of my life
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Lundi 26 novembre 2007 1 26 /11 /Nov /2007 00:56
Quand le film était sorti, début 2006 je crois, personne n'aurait pu imaginer son succès : déjà c'est un western, en plus c'est une histoire d'amour entre hommes. Au-delà du (joli) succès commercial, un point avait suscité mon interrogation ; laissez moi exposer le problème.

Sur Allociné chaque film a une fiche, qui condense un certain nombre d'informations (techniques, des anectodes, l'avis de la presse, du public, etc.). Et à chaque film sont également associés des forums. Dans le cas de Brokeback Mountain, ce sont précisément ces forums qui ont attiré mon attention : en me balladant vite fait dans les discussions, je me suis rendu compte que postaient (massivement) des gens qui d'habitude ne postaient pas.

En détaillant un peu plus, ces gens qui postaient disaient avoir été complètement changés par ce film. Oui, rien de moins que changés. Les superlatifs ont souvent été de mises dans ces discussions, et depuis l'extérieur mon impression était la suivante : d'un côté je n'arrivais pas à comprendre ce qui rassemblait tous ces gens, mais de l'autre je constatais qu'ils étaient effectivement rassemblés, unis comme dans une sorte d'Union Sacrée, transfigurés. Mais je me sentais, et me sens toujours, extérieur à cette sorte de club géant. On ne peut pas parler de fan club, car ce n'était pas tant le film qui intéressait tous ces gens, mais plutôt les leçons sur la vie qu'il portait -- même si le terme de "leçon" est mal choisi car Brokeback Mountain n'est pas un film moralisateur, ni même un film à message, il est simplement un film qui raconte une histoire.

Depuis l'extérieur, exclus sans vouloir non plus y rentrer, je contemplais sans comprendre cette ferveur, cette sorte de communion sacrée autour de la Vie. Car le fond du fond de ces discussions était que tous ces gens transfigurés avaient enfin appris la vie, semblaient s'être enfin libérés d'une sorte de carcan qui les étouffait depuis un long moment. Mon impression était que Brokeback Mountain avait permi à ces gens de revivre.

Merde alors, j'avais vu ce film, je m'y étais emmerdé d'ailleurs, et surtout je n'avais pas été franchement transfiguré. Je reconnais d'évidentes qualités artistiques, mais rien de ce que ces gens ont vécu ne m'est arrivé. Alors étais-je trop jeune ? Ai-je peut-être trop regardé ce film comme un simple objet cinématographique ?

Bon rassurez-vous : le fait de ne pas faire partie de ce club "BBM" ne m'a pas posé des soucis existentiels. Mais ce soir, au gré de ma navigation internetique, je me suis retrouvé à nouveau sur la page des forums BBM d'Allociné. Et certaines discussions sont arrivées à près de 1.000 pages ! Même pour des films qui déplacent les foules comme Le Seigneur des Anneaux ou Harry Potter atteindre des discussions aussi longues relève de l'exploit ! Evidemment mon intérêt pour ces questions s'en est trouvé relancé, d'où ce passionnant billet que vous êtes en train de lire ;-)

Car je crois que j'ai enfin compris, résolvant ainsi l'une des grandes énigmes de ce siècle (...), pourquoi Brokeback Mountain a changé certaines vies, et pas d'autres. Et cette explication je la dois à un forumeur, qui en substance a dit ceci : ce film a changé ma vie parce que je suis un Ennis. J'ai toujours eu peur de vivre ma vie, et Brokeback Mountain m'a donné l'espoir.

Ceux n'ayant pas vu le film doivent probablement se demander c'est quoi, "un Ennis". Brève explication : Ennis est l'un des deux personnages principaux. Contrairement à Jake il est renfermé, taciturne, il a peur de vivre, de s'engager, de décider. A l'inverse Jake est un personnage flamboyant, entier, qui vit sa vie à fond, n'ayant pas peur de décider (même s'il prend soin de ne pas choquer la société de son époque). Mais parce qu'Ennis a peur de décider il va passer à côté de sa vie, en entrainant Jake avec lui, hypothéquant finalement tout ce qu'ils auraient pu vivre. Jake eut des projets plein la tête pour vivre son amour avec Ennis à 200%, mais Ennis ne suivra pas, par peur, par peur de décider.

Et d'après ce forumeur, Brokeback Mountain a rendu l'espoir aux Ennis, en leur montrant, sans que ça n'en soit un seul instant le but, qu'une vie dans la peur de la décision est une vie où rien n'est vécu, une vie qui passe à côté de toutes les choses qui pourraient être vécues.

Alors pourquoi n'ai-je pas été changé par ce film ? Peut-être parce que je ne suis tout simplement pas un Ennis, que je n'ai pas peur de prendre des décisions susceptibles de changer ma vie, de m'engager. Vous serez peut-être vous lecteur ni un Jake ni un Ennis (le monde n'est pas nécessairement bipolaire) ; vous serez peut-être un peu de l'un, un peu de l'autre, un peu des deux.

Dans tous les cas, à moins d'être en grande partie un Ennis, Brokeback Mountain n'aura probablement pas sur vous le même impact que sur d'autres ayant peur de LA décision qui va peut-être tout changer. Mais si vous en êtes un d'Ennis, alors vous avez peut-être été changé, transfiguré, animé d'une foi nouvelle vous donnant envie de tout vivre, tout partager, en cherchant alors peut-être des gens comme vous pour partager ce (re)nouveau, cette (re)naissance. Et force est de constater qu'Allociné a été un point de convergence pour tous ces Ennis réanimés par ce film atypique qu'est Brokeback Mountain. D'ailleurs je suppute que le réalisateur soit lui-même un Ennis, et je suppute même plus généralement que tous ceux ayant aussi été touchés par la nouvelle (ce ne fut franchement pas mon cas) soient eux-aussi des Ennis. Enfin Annie Proulx, l'auteur de la nouvelle, doit probablement être elle aussi une sorte d'Ennis...

Voilà enfin résolue la grande énigme de la Création, et à vrai dire ça ne va pas franchement changer ma vie... Mais ça remet un peu en perspective la place du cinéma dans nos vies, même si l'effet d'un film comme Brokeback Mountain sur son public est extrêmement rare pour être considéré, du point de vue de la création artistique, comme parfaitement anecdotique. Avoir un effet aussi puissant sur son public relève de l'impossible à reproduire pour tout cinéaste, car Brokeback Mountain a construit des hommes et des femmes alors que les films construisent en général des spectateurs.

On pourra toujours chipoter en disant que construire un spectateur revient, in fine, a construire un homme ou une femme. Sur le fond c'est vrai mais Brokeback Mountain a pour une partie de son public supprimé l'intermédiaire, il est allé directement toucher l'être humain, nettement plus que le simple spectateur. Toucher un être au plus profond de lui relève de l'exception, et à ce petit jeu le cas Brokeback Mountain n'est pas prêt d'être reproduit...

Personnellement le film qui m'a construit comme spectateur fut Les Deux Tours ; si j'étais réalisateur j'utiliserais le bon vieux cliché du "film qui m'a donné envie de faire du cinéma". Mais en tant qu'être humain, en tant qu'homme, aucun film ne m'a jamais franchement construit. Et d'ailleurs je n'attends pas d'un film qu'il me transforme, mais qu'il me divertisse, me raconte une histoire.

C'est peut-être aussi en ça que je suis un Jake : ma vie je ne la vis qu'à travers moi, pas égoïstement mais en ne prenant mes décisions qu'au travers de mon expérience et de mes sentiments, évidemment influencés par les gens que je cotoie tous les jours, et surtout les gens que j'Aime. Un Ennis ira peut-être chercher ailleurs qu'en lui-même de quoi légitimer toutes les décisions qu'il a pu prendre jusque là. Mais les décisions peuvent être bonnes ou mauvaises, et c'est parce qu'il craint les mauvaises décisions que l'Ennis ne décide pas. Mais se ramasser la gueule comme une merde fait partie de la vie, et c'est pourquoi vivre nécessite de prendre des risques. L'économiste amoral dirait qu'un Ennis a une profonde aversion pour le risque alors que les Jake sont eux plus enclin à accepter le risque...

Pour bon nombre Brokeback Mountain semble avoir été une sorte d'espoir, en celà qu'il leur a redonné le courage de prendre des décisions. Mais ne soyons pas utopistes : ces Ennis ont peut-être trouvé l'espoir mais au premier échec, au premier désavoeu, il est fort probable que tous retombent dans la torpeur qui a jusque là été la leur. L'averse au risque ne supporte pas la réalisation du risque, et lorsqu'il souffre d'avoir vu un risque réalisé, l'averse se barricade alors pour que ça ne recommence plus jamais. Dans le cas d'un Ennis, c'est à nouveau de ne plus décider, et se laisser emporter par l'inertie sans goût de l'existence.

Brokeback Mountain n'aura finalement été pour ces Ennis qu'un sursis, un simple sursis, mais dans une vie le moindre rayon de Soleil peut valoir tout l'or du monde.

PS : celui qui se permet de dire que tout ça c'est de la grosse branlette intellectuelle, je le bute !
Par Olivier the Divine - Publié dans : CINÉMA
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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 18:47

lionsetanio.jpg
(c) 20th Century Fox

Synopsis (d'après Allociné) :

Ils sont six. Tous sont impliqués de près ou de loin dans le combat de l'Amérique contre le terrorisme. Chacun arrive à un tournant de sa vie, et les enjeux ne vont en être que plus élevés...
A Washington, un sénateur aux ambitions présidentielles essaie de vendre la dernière stratégie globale à une journaliste d'information de télévision redoutée. Entre eux, c'est une lutte d'intelligence, de charme... et d'intérêts.
Dans une université de la côte Ouest, un professeur idéaliste tente de convaincre un étudiant blasé de changer l'orientation de sa vie pour réaliser son potentiel.
De l'autre côté de la planète, dans les montagnes enneigées de l'Afghanistan, deux de ses anciens élèves, loin des discours politiques et des arguments de leurs mentors, se battent juste pour survivre...

Un film de Robert Redford qui fait mal au crâne, de la grosse branlette intellectuelle. Il est juste bien filmé.

Son rang : pour inconditionnels de la sieste.

Par Olivier the Divine - Publié dans : CINÉMA
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Mercredi 31 octobre 2007 3 31 /10 /Oct /2007 23:26

Dans la vie je suis étudiant . En troisième année (les deux premières j'étais là-bas, deuxième ligne du tableau). Alors autant dire que ça, je commence à connaître, même si j'ai encore du boulot avant d'avoir ce certificat accroché sur un mur de mon bureau...

La vie d'un étudiant en troisième année se résume à ça : faire dans quasiment tous les cours un truc au début super-méga-giga-cool-tellement-c'est-un-raisonnement-puissant-en-L1, et qui devient finalement super-pas-méga-cool-qui-nous-casse-les-couilles-en-L3... Je sais que dit comme ça c'est pas très clair, et rassurez-vous, vous n'aurez que ça (titre 27.3, en vrai on fait pas des lagrangiens mais des simples annulations de dérivées, enfin le lecteur standard de ce blog en aura rien à fouttre, et je ne pourrais que l'en applaudir) pour vous éclaircir... Pas fameux hein ? Mais rassurez-vous, c'est fait exprès !

Ouais, j'ai pas envie de vous emmerder avec des cours de microéconomie, déjà que moi ça me rase, alors vous... Je vous dit, marrant au début, mais après avoir fait 485.572.405.382 fois cette même chose très marrante pendant trois ans, ça calme les ardeurs... Pourtant la microéconomie c'est pas que des maximisations sous contraintes du genre casse-couille, c'est aussi des trucs un peu plus constructifs desfois, mais en règle générale en L3 on branle pas grand chose, alors que voulez-vous les profs doivent se sentir obligés de nous faire faire des trucs qu'on a déjà fait 485.572.405.382 fois, histoire que nous, étudiants, ne branlions vraiment rien...

Bref, tout ça pour dire qu'aujourd'hui j'ai eu une révélation, mais Divine, d'enfer, dantesque aussi : en fait je cogite ma vie comme un individu maximisateur et rationnel, un homo oeconomicus ! Enfin quand je dis "ma vie" j'entends surtout des moments importants, du genre "comment faire pour aller d'un point A à un point B en marchant le moins possible, sachant que je n'ai pas non plus envie de me creuser la tête pendant des heures pour trouver une réponse à cette question ?", ou encore "comment minimiser le temps que je passe à faire mes courses sachant que le reste de mon temps libre je veux absolument rien fouttre ?", etc. Enfin vous l'aurez compris, des trucs existentiels, des questions vraiment essentielles, qui changent la vie d'un homme...

Et voyez mes enfants, enfin non vous n'êtes pas mes enfants, je suis encore trop jeune pour en avoir, ou alors vous seriez des bébés et parler à des bébés de maximisation sous contrainte, déjà qu'à vous c'est pas évident, là ça serait vraiment mission impossible, bref voyez mes enfants, cette façon de vouloir tout optimiser (enfin dans mon cas c'est que des trucs casse-couilles que je veux faire souvent durer le moins longtemps possible), c'est typiquement une maximisation sous contrainte. Par exemple avec mon histoire d'aller du point A au point B en marchant le moins possible, en fait je veux marcher le moins possible parce que je suis une faignasse, mais j'ai comme contrainte la nécessité (ou l'obligation) d'aller de A (là où je suis) à B (là où je dois aller)... Avant je me serais forcé à bouger mon corps, ou l'aurait fait parce qu'il aurait vraiment fallu que je le fasse et donc plus le temps de tergiverser... Mais maintenant je raisonne en individu rationnel et finalement j'y trouve mon compte : 1) je m'exerce à la méthodologie des sciences économiques, sans même m'en rendre compte, ce qui me permettre, à terme, de décrocher le certificat dont je vous parlais au tout début... 2) j'optimise très probablement mon temps, ou tout autre chose que je cherche à optimiser (ça dépend des questions, des problèmes) 3) je suis plus détendu dans ma tête.

N'est-ce donc alors pas parfait, ma brave dame ?

Problème : cette maladie, qui s'est révélée à moi tout à l'heure, semble aussi toucher mes camarades de promo... Question : existe-t-il des associations pour futurs économistes en détresse ? Oui, en détresse, parce que je vous dit, cette maladie, elle semble toucher la totalité, ou en tout cas une bonne partie, des étudiants en sciences économiques... D'un autre côté je me dis que les étudiants en socio, en psycho, etc., doivent eux-aussi intégrer leurs cours dans leur vie, et leur façon de la concevoir doit s'en trouver là aussi changée (moi j'ai de la chance, ma maladie se cantonne à des problèmes mineurs, comme vous l'avez vu hein, mais peut-être que d'autres sont plus atteints que moi...).

Mais en fait au fond c'est peut-être pas si anodin, parce qu'un instant de sérieux mes amis : n'est-ce pas finalement perdre en liberté, d'être aussi soumis au contenu des cours que l'on nous enseigne ? Je ne jette évidemment pas la pierre aux enseignants, qui ne sont que des individus intégrés à une banale organisation sociale, organisation qui s'impose à ses membres, étudiants, professeurs, administratifs, etc., organisation donc qui s'impose à ses membres, et les transforme. Impressionnant, et inquiétant aussi, tant l'individu voit sa liberté se restreindre dès lors qu'il intègre une quelconque organisation sociale : université, entreprise, administration, etc.... Et finalement, ça m'amène à cette question vous allez voir, hautement existentielle pour le coup : quelle part de nous-même est vraiment nous-même, et quelle autre part de nous-même est en réalité la société qui s'impose à nous ?

Je regretterais juste que la sociologie contemporaine ne soit pas capable, ou en tout cas ne m'apparaisse pas comme capable, de répondre clairement à cette question... Dommage dommage...

Enfin voilà, c'est sur ces considérations hautement sociologiques, qui doivent très probablement vous passionner, que je vous laisse maintenant... Mais de grâce, n'oubliez pas l'information essentielle du jour : je suis un tantinet taré... A bientôt mes lapinous, car comme Terminator, "I'll be back"...!

Par Olivier the Divine - Publié dans : A little bit of my life
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Samedi 27 octobre 2007 6 27 /10 /Oct /2007 02:43

Et oui, vous ne rêvez pas ! Le célèbre sorcier adore la bite...

N'empêche fallait s'y attendre : nan mais franchement, quel hétéro 1) irait s'habiller comme ça ? et surtout 2) porterait des lunettes pareilles ?


dumbledoreisgay.jpg  

Franchement vous êtes d'un naif desfois...

Par Olivier the Divine - Publié dans : LIVRES : Romans
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Vendredi 12 octobre 2007 5 12 /10 /Oct /2007 00:17
transformers.jpg (c) Paramount Pictures & Dreamworks Picture

Synospsis du film (d'après Allociné) :

Une guerre sans merci oppose depuis des temps immémoriaux deux races de robots extraterrestres : les Autobots et les cruels Decepticons. Son enjeu : la maîtrise de l'univers...
Dans les premières années du 21ème siècle, le conflit s'étend à la Terre, et le jeune Sam Witwicky devient, à son insu, l'ultime espoir de l'humanité. Semblable à des milliers d'adolescents, Sam n'a connu que les soucis de son âge : le lycée, les amis, les voitures, les filles...
Entraîné avec sa nouvelle copine, Mikaela, au coeur d'un mortel affrontement, il ne tardera pas à comprendre le sens de la devise de la famille Witwicky :
"Sans sacrifice, point de victoire !".

Transformers, ou le grand retour de Michael Bay ! Car après avoir (plutôt avec succès) tatonné l'auteurisme avec The Island, Bay revient dans le cinéma pop-corn, et s'amuse tel un gosse à tout faire péter. Et ce pour notre plus grand plaisir, parce qu'il a un putain de talent ce réal !

Est-ce cependant tout ? Transformers est-il un simple spectacle pyrotechnique sur pellicule ?

Non, je crois que non, car avec ce film j'ai l'impression que Bay est parvenu à se hisser dans une dimension supérieure et totalement décomplexée, assumée et presque parfaite du pop-corn-teenage movie. Car Transformers est aussi un film pour ados attardés, rappelant aux plus moches et aux plus cons d'entre eux (en gros à tout le monde...) les moments les plus difficiles de leur adolescence... Difficulté de niquer, de faire ses preuves, de savoir qui on est, etc.

Transfomers allie avec une virtuosité sans pareille des images de folie, un scénario assez standard mais plutôt efficace, et des préoccupations d'ados assez vraisemblables, en tout cas loin de la psychologie parfois du genre masturbation intellectuelle de certains films... Dans tous les cas, Bay me semble toujours être le meilleur clippeur de notre temps, tellement ses images sont impressionnantes de maîtrise...

Transformers est un grand film, un grand film de genre. Et je souhaite à tous les réalisateurs se lançant dans le film de genre d'avoir le dixième du talent de Bay, parce que lui a, je crois, peut-être pas révolutionné mais en tout cas profondément chamboulé les codes du pop-corn movie... Faire un film de genre réussi est déjà difficile, mais en plus parvenir à dépasser les schémas du genre en question est au moins l'illustration d'un talent non négligeable... D'un grand talent j'aurais tendance à dire, mais dire que "Bay a du talent" risque de faire grincer des dents dans certains milieux autorisés... Fuck à ces milieux...

Bref, Transformers est un film de genre qui déchire vraiment sa race, décomplexé et même capable de dépasser les codes du genre dans lequel il s'inscrit. Il consacre définitivement Michael Bay comme un grand réalisateur de films pop-corn, et pose la question de sa carrière future : et si Transformers n'était que le premier grand film d'une liste encore à tourner ? Nan mais parce que si c'était le cas, je crois que je pourrais en mouiller ma culotte...

Son rang : un film de genre grandiose, qui se targue en plus de dépasser le genre auquel il appartient !

Par Olivier the Divine - Publié dans : CINÉMA
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Dimanche 30 septembre 2007 7 30 /09 /Sep /2007 14:12

1coeur.jpg (c) Paramount Pictures

 Synopsis (d'après Allociné) :

Le 23 janvier 2002, le monde entier est choqué par l'image d'un journaliste américain décapité devant la caméra par des extrémistes pakistanais. Daniel Pearl, superviseur du Wall Street Journal pour l'Asie du Sud Est, enquêtait au Pakistan sur un dénommé Richard Reid, activiste et vendeur d'armes. Alors qu'un entremetteur doit le mener sur la piste d'une source importante, il disparaît soudainement.
Confrontée à la mort de son mari, Mariane Pearl rédige l'histoire de son enquête, de son kidnapping et de sa mort et, surtout, l'histoire de son propre désespoir à elle, dans "A Mighty Heart : the Brave Life and Death of my Husband Danny Pearl". Le film retrace son combat de chaque instant pour comprendre l'assassinat de son mari et pouvoir enfin en faire le deuil.

Quasi-documentaire, c'est ainsi qu'on pourrait qualifier ce film. Il raconte les quelques jours entre la disparition de Daniel Pearl et la terrible vidéo mettant un terme à tous les espoirs. Michael Winterbottom s'était déjà intéressé à la question du terrorisme avec The Road to Guantanamo, que je n'ai malheureusement pas vu, dont le titre permet cependant de situer l'intrigue... Cela dit j'ai cru comprendre que The Road to Guantanamo (quelle idée d'avoir un nom pareil...) mêlait déjà fiction et vraie vie, un peu comme Un Coeur Invaincu en fait...

D'Un Coeur Invaincu j'ai apprécié sa volonté que j'ai trouvé toujours pertinente de ne jamais prendre parti, de simplement montrer, de raconter, sans sensationnalisme ni sentimentalisme. Ainsi on ne verra jamais la terrible vidéo, et certaines scènes de torture par la police pakistanaise sont montrées avec une pudeur qui fait plaisir à voir. D'autant que je me souviens d'une scène de torture à l'intérêt douteux (comme tout le film en fait...) dans Syriana, où Clooney se faisait métodiquement arracher les ongles à la tenaille...

Après on peut être en désaccord avec cette volonté finalement très politique de toujours rester neutre, et là c'est affaire de politique, pas vraiment d'art, même si la neutralité politique peut impliquer un certain style artistique (j'y viens juste après).

Finalement, le crédo d'Un Coeur Invaincu c'est de toujours avoir du recul, et son style très documentaire est de ce point de vue particulièrement efficace (ça y est j'y suis venu). Et ce qui suit est encore plus subjectif que le reste, comme si c'était encore possible, mais je trouve cette volonté de ne pas dénoncer, de simplement montrer, raconter, je trouve que cette volonté est des plus salutaires et surtout des plus honnêtes, de loin plus honnête que de faire dans le prémaché et l'orienté, un peu comme Syriana peut encore l'illustrer... 

Mais en plus de s'inscrire dans une certaine époque, d'être de ce point de vue politique en donnant matière à réflexion, Un Coeur Invaincu entre aussi dans le champ du pur cinéma grâce à la prestation d'Angélina Jolie. Car en plus d'être d'une beauté envoutante, c'est vraiment une très bonne actrice : habitée par Mariane Pearl, son jeu est dantesque, d'une puissance incroyable, et d'une justesse infinie. Vraiment je l'ai trouvée excellentissime. Alors encore un Oscar en février prochain ? Très sincèrement je le lui souhaite, il serait amplement mérité.

Finalement Un Coeur Invaincu est tout autant un objet politique qu'un objet de cinéma. C'est rare, et j'apprécie parce que politiquement il est ce que j'aime, et cinématographiquement aussi : je suis friand de reconstitutions neutres et quasi-documentaires d'évènements historiques, et dans le genre Paul Greengrass avec Bloody Sunday et Vol 93 est en bonne position... Et pour parachever l'ensemble, la prestation d'Angelina Jolie vient donner un ultime soufflre cinématographique à ce film, consacrant définitivement la puissance d'Un Coeur Invaincu.

Son rang : un film pudique et vrai, qui brille par sa démarche et le talent d'Angelina Jolie.

Par Olivier the Divine - Publié dans : CINÉMA
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /Sep /2007 17:42

18798941.jpg (c) Pathé Distribution

Synopsis (d'après Allociné) :

Octave est le maître du monde : il exerce la profession de rédacteur publicitaire. Il décide aujourd'hui ce que vous allez vouloir demain. Pour lui, "l'homme est un produit comme les autres". Octave travaille pour la plus grosse agence de pub du monde : Ross & Witchcraft, surnommée "La Ross". Il est couvert d'argent, de filles et de cocaïne. Pourtant, il doute.
Deux événements vont bouleverser le cours de la vie d'Octave. Son histoire d'amour avec Sophie, la plus belle employée de l'agence, et une réunion chez Madone pour vendre
un film de pub à ce géant du produit laitier. Le doué Octave déjante alors et décide de se rebeller contre le système qui l'a créé, en sabotant sa plus grande campagne.
De Paris, où négocient les patrons d'agences, à Miami, où l'on tourne un spot sous antidépresseurs, de Saint-Germain-des-Prés à une île perdue d'Amérique Centrale, Octave parviendra-t-il à échapper à sa prison dorée ?

Bon, ben pour mon Grand Retour je vais faire simple : qu'est-ce que je me suis fait chier devant ce film...

Nan mais un film qui dénonce la pub et est conçu comme une juxtaposition de publicités en plus parfaitement téléphonées (c'est pour ça qu'on s'emmerde, dès qu'une "pub" commence on sait immédiatement où ça va finir...), d'un strict point de vue métaphysique d'autres ont fait plus carré...

Après Dujardin est très bon, comme toujours. Et les images de synthèse sont vraiment soignées, là vraiment bravo. Mais pour le reste, on a droit aux états d'âmes d'un pauvre publicitaire, d'un gros connard même, dont la seule préoccupation est son nombril... Genre je t'aime mais t'es enceinte, ça me plait pas, tu me largues, normal, mais après je t'appelle et tu me réponds pas... Méchante ! Et pour finir tu te suicides, et comme je suis hyper-égoïste je me suicide aussi...

Et à part ça, comment va le monde ? Toujours comme avant, je crois, contrairement à toute la merdasse pseudo-antisociétédeconsommation qu'accumule ce film... Parce que à part son nombril, Beigbeder s'en branle totalement de la société de consommation... Et je trouve le projet de Kounen d'autant plus vomitif (là oui, c'est le sentiment que ça m'évoque) que j'imagine qu'il a dû lui aussi en faire de la publicité, réaliser des spots, pour bouffer... Cracher dans la soupe, quelle noble attitude !

Bref, toute cette charge contre la publicité me laisse d'un froid olympien : non la publicité ne détruit pas le monde, si personne ne se rebelle vraiment contre elle c'est qu'au fond elle ne doit pas être si dangereuse, et surtout le "500 milliards de dollars sont dépensés chaque année pour la publicité dans le monde, alors qu'une étude de l'ONU estime qu'il suffirait 10% de cette somme pour réduire de moitié la famine" est la plus grosse connerie du film... Aske si c'était aussi simple, on l'aurait pas déjà fait ? Bref...

Ah oui, par contre j'ai trouvé sympa les apparitions de Beigbeder, même si c'est vraiment un gros thon...

Et pis bon je me dois d'être honnête : j'ai noircis le tableau alors qu'au final le film rend quand même compte d'une sorte de dilemme à propos des publicitaires, dilemme qui me semble plutôt pertinent...  Car d'un côté ce sont d'authentiques créateurs, au moins pour une partie d'entre eux, et de l'autre ils ont pour clients des grands groupes voulant toucher la ménagère de moins de cinquante ans avec des pubs insipides...

Et au final, plutôt qu'un pamphlet contre la publicité, je verrais plutôt 99 F comme une sorte de dénonciation d'une certaine pauvreté artistique dans un certain genre de publicité... Remarquez que d'un seul coup ça rend la portée de ce film beaucoup moins universelle, passer d'un pamphlet anti-sociétédeconsommation à une critique du milieu publicitaire, certains ne s'en sont toujours pas remis...

Bref, on a une sorte d'étude vaguement anthropologique du milieu de la publicité, beaucoup de bla-bla inutile, une mise en scène un peu téléphonée mais quand même Jean Dujardin... Pas de quoi transcender le Dieu Vivant que je suis...

Son rang : un film prétentieux, pompeux et parfois chiant, qui peut quand même se targuer d'avoir Jean Dujardin à son affiche...
Par Olivier the Divine - Publié dans : CINÉMA
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Jeudi 2 août 2007 4 02 /08 /Août /2007 00:44
hp5.jpg (c) Warner Bros. Pictures

Synopsis (d'après Allociné) :

Alors qu'il entame sa cinquième année d'études à Poudlard, Harry Potter découvre que la communauté des sorciers ne semble pas croire au retour de Voldemort, convaincue par une campagne de désinformation orchestrée par le Ministre de la Magie Cornelius Fudge. Afin de le maintenir sous surveillance, Fudge impose à Poudlard un nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, Dolorès Ombrage, chargée de maintenir l'ordre à l'école et de surveiller les faits et gestes de Dumbledore. Prodiguant aux élèves des cours sans grand intérêt, celle qui se fait appeler la Grande Inquisitrice de Poudlard semble également décidée à tout faire pour rabaisser Harry. Entouré de ses amis Ron et Hermione, ce dernier met sur pied un groupe secret, "L'Armée de Dumbledore", pour leur enseigner l'art de la défense contre les forces du Mal et se préparer à la guerre qui s'annonce...

Vais faire court, HP5, pas m'emmerder à écrire le titre en entier...

D'office, très clairement : je trouve parfaitement inutile, depuis le troisième tome, les adaptions des bouquins au cinéma. Ces adaptations ne servent vraiment à rien, et HP5 ne fait pas exception. Cela dit l'équipe se renouvèle : nouveau réalisateur, nouveau scénariste et nouveau compositeur. Alors, quoi en tirer ?

Pour le réalisateur, c'est plutôt très bon si ce n'est des images laides, vraiment immondes limite à gerber. Ca jure avec HP4 ou pire, HP3, le plus bel épisode de la saga. Cela dit la direction d'acteur est plutôt bonne, l'histoire bien amenée et cohérente. On est loin du jte-balance-ça-parce-que-c'est-dans-le-bouquin-et-donc-faut-le-mettre de certains épisodes... Un scénario plus pensé, donc, plus construit que les précédents, et là le changement de scénariste a vraiment été très profitable.

La musique, quant à elle, douce et subtile sur le CD, jure parfois dans le film, pas assez noire, pas assez sombre. Le travail, un peu bancal mais terriblement puissant, de Patrick Doyle sur HP4 est bien meilleur, même si Nicholas Hooper n'a pas à rougir de sa partition. Je n'oserais cependant pas la comparaison avec John Williams...

Voilà, HP au cinéma se limite à ça : savoir ce que le changement d'équipe technique a apporté dans le film... Parce que Daniel Radcliffe ne sait toujours pas jouer, les autres si, Emma Watson est vraiment trop belle, etc., enfin rien de nouveau quoi...

Définitivement, les livres se suffisent à eux-mêmes, et les films ne sont que des ersatz inutiles. Cela dit, et c'est une nouveauté, HP5 a une histoire construite. Mais un visuel laid. HP4 avait des séquences dantesques et d'autres totalement fadasses, et HP3 des images gigantesques mais un scénario ramoli. Alors, pour HP au cinéma, à quand un film qui saurait faire forte impression à tous les niveaux ?

Son rang : une adaptation plutôt bonne mais parfaitement inutile...
Par Olivier the Divine - Publié dans : CINÉMA
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Lundi 9 juillet 2007 1 09 /07 /Juil /2007 21:52
departed-score.jpg (c) Silva Screen

Synospsis du film (d'après Allociné) :

A Boston, une lutte sans merci oppose la police à la pègre irlandaise.
Pour mettre fin au règne du parrain Frank Costello, la police infiltre son gang avec "un bleu" issu des bas quartiers, Billy Costigan.
Tandis que Billy s'efforce de gagner la confiance du malfrat vieillissant, Colin Sullivan entre dans la police au sein de l'Unité des Enquêtes Spéciales, chargée d'éliminer Costello. Mais Colin fonctionne en "sous-marin" et informe Costello des opérations qui se trament contre lui.
Risquant à tout moment d'être démasqués, Billy et Colin sont contraints de mener une double vie qui leur fait perdre leurs repères et leur identité.
Traquenards et contre-offensives s'enchaînent jusqu'au jour où chaque camp réalise qu'il héberge une taupe. Une course contre la montre s'engage entre les deux hommes avec un seul objectif : découvrir l'identité de l'autre sous peine d'y laisser sa peau...

Après avoir commis l'énorme musique pour l'énorme trilogie du Seigneur des Anneaux, musique qui m'a fait aimer la musique de film, j'ai tenté de suivre la carrière de l'ami Howard Shore, compositeur canadien attitré d'un certain David Cronenberg. Et je dois avouer que je n'y ai rien trouvé de particulièrement fameux. Pire : sur History of violence j'ai même trouvé que le thème était d'un mauvais goût sans nom et cassait un peu l'ambiance du film...

Et arriva Les Infiltrés. Je n'ai aucun souvenir de la musique dans le film, Shore ne sait pas vraiment faire dans la transcendance de l'écran ; d'autant que le sous-mixage fréquent de la musique n'aide pas non plus à la faire crever l'écran... Mais je ne sais par quelle pulsion je l'ai (ouh pas bien) téléchargée et à vrai dire j'ai été autant séduit que surpris. Pourquoi ? Parce que le bourrin Shore fait place à un compositeur subtil voire sensible dans un film sans compromis et radical, et une telle sensibilité m'étonne vraiment. Le résultat est vraiment grandiose et beau, subtil, parfois déchirant, profondément nostalgique, tout un ensemble de termes que je n'aurais jamais pu un jour imaginer qu'ils qualifieraient une composition d'Howard Shore !

Shore revient vraiment en force avec cette BO, il démontre à nouveau qu'il est un grand compositeur et mieux : que son talent est multi-facette. Il sait aussi bien illustrer, quand le matériau est dense, une charge de plusieurs milliers de cavaliers que l'incessant et douloureux conflit moral d'un agent de la police infiltré dans la pègre ultraviolente.

Finalement, Shore est un bon compositeur quand le film sur lequel il travaille est lui aussi très bon, même si History of violence contredit un peu cette idée. Reste qu'autant Le Seigneur des Anneaux que Les Infiltrés sont dans leur genre des petits bijoux (voire de vrais chefs d'oeuvres), et dans le deux cas Shore propose une musique vraiment très très bonne.

Piste par piste  (attention spoilers) :

1 - Cops or Criminals : rien que le titre est déjà un bon résumé du propos du film... D'un autre côté, cette musique lumineuse et, avouons-le, par moments un peu laborieuse, tranche nettement avec le ton du film. Un tel contrepied est évidemment intéressant, d'autant que l'orchestration est vraiment soignée. Pour une première piste Shore propose quelque chose de fort et de percutant, laissant augurer le meilleur pour la suite.

2 - 344 Wash : mais c'est surtout cette seconde piste qui fait décoller la BO, oui, on décolle dès la seconde piste, c'est plutôt fort ! Shore introduit une guitare électrique au ton décadent et aérien, les accords semblent couler comme du sang sur un mur, l'effet est vraiment difficile à cerner et pourtant il vient de loin, des profondeurs, des tripes. L'orchestration et plus généralement le volet technique sont eux aussi parfaitement maîtrisés, comme dans la première piste.

3 - Beacon Hill : on enchaîne avec cette piste au son plus mélancolique. Trois pistes et déjà trois ambiances différentes, Shore nous gratifie d'une musique polymorphe et pourtant incroyablement cohérente. Toutes ces ambiances seront une à une approfondies avec toujours une grande cohérence et une grande justesse. Shore avance lentement mais sûrement, et le résultat final est un voyage musical des plus aboutis. 

4 - The Faithful Departed
: on commence par quelques accords de violons dissonants avec ensuite un retour discret de la guitare électrique de 344 Wash. Las, après quelques mesures de cette musique toujours aussi dérangeante, Shore réintroduit la veine nostalgique avec en prime le ton guilleret de la première piste. On assiste avec cette piste à une fusion des trois ambiances posées précédemment, montrant à quel point la vie succède à la mort, le bonheur au malheur, à quel point tout est changeant et confus, où les frontières n'existent pas vraiment, ne sont que des artefacts arbitraites et à la signification très aléatoire. Car la démarche de Shore me paraît maintenant transparente :  mettre en musique l'absence de frontières, pas géographiques, mais morales, émotionnelles, comme le film de Scorcese mélange autant la police à la mafia que l'inverse. Le personnage, déchirant, de DiCaprio illustre ce maëlstrom, perpétuel dilemme moral, et en réalité la musique de Shore fait écho à ce jeu de cartes brouillé, où rien n'est blanc ou noir mais simplement gris.

5 - Colin : on retrouve ici des sonorités sautillantes, le volet nostalgie/tristesse/conflit intérieur en moins. Cette piste sonne comme une suite à la toute première, avec pour l'auditeur le souvenir des pistes précédentes, où les pistes ont été brouillées et tout un peu mélangé... Et ce souvenir donne à cette musique une autre saveur, elle la met en abime et lui redonne une plus grande pertinence. Ce qui semblait sautillant à première vue tiens plutôt de la bouffée d'air dans un monde de fou et de douleur, de violence, le monde du film de Scorcese.

6 - Mandolyn : encore et toujours le même numéro d'équilibriste. Cette fois-ci on revient un peu sur la veine nostalgique, légèrement, subtilement. Même si la démarche de Shore, je trouve, manque un peu de finesse et surtout de spontanéité, je ne peux qu'admirer le résultat final tant il est énorme. Cette piste se conclut sur des accords un peu plus lumineux, donnant l'espoir...

7 - Billy's theme : ...et cet espoir sera véritablement anéanti, annihilé, dans cette piste maitresse, centrale, celle qui illustre et colle parfaitement à la peau du fameux personnage de DiCaprio, Billy, le flic infiltré, dont le regard trahi à chaque instant la position non pas inconfortable mais inextricable dans laquelle il est obligé de rester, bien malgré lui. Là Shore introduit une nouvelle musique, un nouveau ton, rien à voir ni avec la nostalgie, le sautillant ou les guitares. Non, on a quelque chose de vraiment nouveau, et je crois que le terme le plus approprié est : déchirant. Mais sans pathos. Cette musique est des plus adulte, pas de gros violons, jamais, mais toujours une guitare, subtile, légère, déchirante, encore et toujours, déchirante. Elle cerne avec une pertinence redoutable Billy et son conflit intérieur, et elle constitue vraiment le coeur de la musique des Infliltrés. Un coup de maître de la part de Shore, pardon, de génie, et je dois avouer que je n'aurais pas cru notre cher compositeur canadien capable d'une telle musique. Je l'ai déjà trouvé génial dans l'épique mais jamais dans le déchirant, et là il me montre que j'ai tort. J'en suis profondément ravi, et je le redis sans limite : cette piste est l'oeuvre d'un génie. Et à elle seule elle vaut le détour.

8 - Command : mais parce que rien n'est jamais blanc ou noir, cette piste reprend les sonorités sautillantes pour atténuer l'effet de la piste précédente. Encore plus que la simple musique, ce qui est génial est ici l'enchainement entre les différentes ambiances, comme si rien n'était jamais acquis, tout remis constamment en question, une sorte de siège éjéctable où tout peut exploser d'un moment à l'autre. Encore une fois une telle musique colle parfaitement au film.

9 - Chinatown : la seule piste sur laquelle je vais faire une impasse. Avec ses sonorités vaguement asiatiques elle ne me convainc pas. Ce n'est pas qu'elle est sans intérêt, c'est juste qu'elle ne me parle pas du tout. Je trouve même qu'elle tranche (mais sans vraiment trancher, là est son malheur) avec le reste. Cela dit je trouve un certain intérêt dans les sortes de percussions qui apparaissent vers la moitié, même si je me demande à nouveau ce que ça vient faire ici... Une piste pas ratée, non, mais dont je ne saisis pas ni la portée ni le sens, dommage.

10 - Boston common : allez hop, une couche de nostalgie. Autant les ambiances sont les mêms, autant chaque piste ne sonne jamais comme les précédentes. Shore ne se répète jamais et c'est véritablement impressionnant ! Chaque piste est un bijou qui ressemble à son voisin mais, si l'on s'en approche, révèle des différences tout à fait majeures qui en changent tout. Shore est un orfèvre, et même si je ne suis pas friand de ce genre de "logique" artistique je dois dire que le résultat est époustouflant.

11 - Miss Thing : on retourne dans le sautillant avec cependant un fond de nostalgie, très léger. Sur la fin apparaissent des guitares électriques, qui prennent le relais, montrant, je pense, que la situation du personnage de DiCaprio, le sang sur les murs, risque d'entraîner avec lui son amour, cette psychologue qui est aussi la petite amie de l'alterego de Billy, le personnage de Matt Damon, mafieux infiltré dans la police.

12 - The Baby : de qui est-il, ce bébé ? De Damon ou de DiCaprio ? Plutôt du second en réalité. Ici un petit retour dans le nostalgisme et la noirceur. Encore une fois Shore renouvelle son ambiance tout en y restant fidèle, encore une fois il approfondit sans se trahir, encore une fois c'est une totale réussite.

13 - The Last Rites : la piste commence avec quelques accords sautillants et plutôt légers à la guitare sèche. Et puis tout doucement la musique bascule vers un peu de nostalgie, puis beaucoup. Elle redevient lumineuse l'espace d'un instant et bascule en un autre instant dans le sang et la mort, la mort de DiCaprio, brutale, sanglante, vite torchée, un pur moment de cinéma, quand reviennent en force ces guitares électriques, une dernière fois, avant le tomber de rideau sur cet opéra sheakspirien.

14 - The Departed Tango : un tango, comme son nom l'indique, sautillant, évidemment, mais sans réel rapport avec ce qui a été composé jusque alors. Ca ne tranche pas, ça conclue simplement le film et le tsédé de façon on ne peut plus pertinente. Pourquoi ? Je n'en ai aucune idée, toute la musique de Shore pour Les Infiltrés a quelque chose d'insaisissable, probablement parce que je ne suis pas du tout coutûmier des logiques qui la sous-tente, et partant il ne faudrait donc guère s'étonner si parfois je dis pas mal de conneries...!

Reste que Les Infiltrés est une grande pièce d'Howard Shore, une pièce qui le fait vraiment revenir sur le devant de la scène musicale, de ma scène musicale, même si je suis préfère et de loin une bonne musique de Zimmer, qui correspond plus à l'idée que je me fais de la musique de film, une musique entière et sincère, pas aussi pensée ou travaillée que celle de Shore. Mais ne m'en déplaise, ça déchire tout !

Son rang : une grande BO d'Howard Shore, qui révèle à quel point ce compositeur est génial, un orfèvre de la musique de films.

Par Olivier the Divine - Publié dans : MUSIQUE : De films
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