Dimanche 30 septembre 2007
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14:12
(c) Paramount Pictures
Synopsis (d'après Allociné) :
Le 23 janvier 2002, le monde entier est choqué par l'image d'un journaliste américain décapité devant la caméra par des extrémistes pakistanais. Daniel Pearl, superviseur du Wall Street Journal
pour l'Asie du Sud Est, enquêtait au Pakistan sur un dénommé Richard Reid, activiste et vendeur d'armes. Alors qu'un entremetteur doit le mener sur la piste d'une source importante, il disparaît
soudainement.
Confrontée à la mort de son mari, Mariane Pearl rédige l'histoire de son enquête, de son kidnapping et de sa mort et, surtout, l'histoire de son propre désespoir à elle, dans "A Mighty Heart :
the Brave Life and Death of my Husband Danny Pearl". Le film retrace son combat de chaque instant pour comprendre l'assassinat de son mari et pouvoir enfin en faire le
deuil.
Quasi-documentaire, c'est ainsi qu'on pourrait qualifier ce film. Il raconte les quelques jours entre la disparition de Daniel Pearl et la terrible vidéo mettant un terme à tous les espoirs.
Michael Winterbottom s'était déjà intéressé à la question du terrorisme avec The Road to Guantanamo, que je n'ai malheureusement pas vu, dont le titre permet cependant de situer
l'intrigue... Cela dit j'ai cru comprendre que The Road to Guantanamo (quelle idée d'avoir un nom pareil...) mêlait déjà fiction et vraie vie, un peu comme Un Coeur Invaincu en
fait...
D'Un Coeur Invaincu j'ai apprécié sa volonté que j'ai trouvé toujours pertinente de ne jamais prendre parti, de simplement montrer, de raconter, sans sensationnalisme ni sentimentalisme.
Ainsi on ne verra jamais la terrible vidéo, et certaines scènes de torture par la police pakistanaise sont montrées avec une pudeur qui fait plaisir à voir. D'autant que je me souviens d'une
scène de torture à l'intérêt douteux (comme tout le film en fait...) dans Syriana, où Clooney se faisait métodiquement arracher les ongles à la tenaille...
Après on peut être en désaccord avec cette volonté finalement très politique de toujours rester neutre, et là c'est affaire de politique, pas vraiment d'art, même si la neutralité politique peut
impliquer un certain style artistique (j'y viens juste après).
Finalement, le crédo d'Un Coeur Invaincu c'est de toujours avoir du recul, et son style très documentaire est de ce point de vue particulièrement efficace (ça y est j'y suis venu).
Et ce qui suit est encore plus subjectif que le reste, comme si c'était encore possible, mais je trouve cette volonté de ne pas dénoncer, de simplement montrer, raconter, je trouve que
cette volonté est des plus salutaires et surtout des plus honnêtes, de loin plus honnête que de faire dans le prémaché et l'orienté, un peu comme Syriana peut encore
l'illustrer...
Mais en plus de s'inscrire dans une certaine époque, d'être de ce point de vue politique en donnant matière à réflexion, Un Coeur Invaincu entre aussi dans le champ du pur
cinéma grâce à la prestation d'Angélina Jolie. Car en plus d'être d'une beauté envoutante, c'est vraiment une très bonne actrice : habitée par Mariane Pearl, son jeu est
dantesque, d'une puissance incroyable, et d'une justesse infinie. Vraiment je l'ai trouvée excellentissime. Alors encore un Oscar en février prochain ? Très sincèrement je le lui
souhaite, il serait amplement mérité.
Finalement Un Coeur Invaincu est tout autant un objet politique qu'un objet de cinéma. C'est rare, et j'apprécie parce que politiquement il est ce que j'aime, et cinématographiquement
aussi : je suis friand de reconstitutions neutres et quasi-documentaires d'évènements historiques, et dans le genre Paul Greengrass avec Bloody Sunday et Vol 93 est en
bonne position... Et pour parachever l'ensemble, la prestation d'Angelina Jolie vient donner un ultime soufflre cinématographique à ce film, consacrant définitivement la puissance
d'Un Coeur Invaincu.
Son rang : un film pudique et vrai, qui brille par sa démarche et le talent d'Angelina Jolie.